Histoire de l'art, de la préhistoire à nos jours

Events

L'art néolithique du Sahara : Finesse et détails dans les peintures rupestres, objets utilitaires et représentations animales réalistes

Approx. 8000 BC - Approx. 900 BC

La période néolithique, qui succède au paléolithique, s'en distingue clairement car on sent une préoccupation esthétique dans la décoration d'objets utilitaires comme des haches polies , la création de parures, de sculptures ou de peintures rupestres. On note également plus de finesse et de détails dans l'art néolithique.
La région du Sahara a une grande importance dans l'histoire de l'art néolithique: en effet, elle apporte un grand nombre d’œuvres non seulement rupestres, mais aussi des statuettes zoomorphes et parfois anthropomorphes, et des bétyles (pierre dressées représentant des hommes et femmes pétrifiées par les divinités.)

Nous avons choisi d'explorer les peintures rupestres de la région du Taghit, (Algérie) à la limite ouest du grand erg occidental. De nombreux animaux sont représentés, tels que des éléphants, lions, autruches, bovidés et antilopes.
Sur celle-ci, on reconnaît distinctement un lion. Elle a tout particulièrement retenu notre attention car on observe un réel souci du détail :
*Le lion n'a pas simplement des pattes arrondies, mais bien des coussinets, caractéristiques du fauve.
*Sa queue également est très ressemblante, longue et assez fine avec une petite touffe de poils au bout.
*Enfin, ses oreilles et sa crinière de la même manière, permettent de le reconnaître immédiatement.
Cette peinture témoigne donc d'un certain progrès par rapport à l'ère paléolithique, concernant le souci du détail et de la finesse.

L'art grec antique, le style géométrique dans la céramique : Rupture avec l'iconographie minoenne et mycénienne, Dipylon noir et décoration figurative

900 BC - 750 BC

Bien que l'époque de la Grèce antique ait déjà été vue dans le cours, nous avons souhaité à la fois préciser et développer cette période et s'attardant sur un art et un style en particulier : l'art géométrique dans la céramique.
Comme son nom l'indique, cet art se caractérise par l'utilisation de décors et motifs géométriques parfois très complexes. Le style du Dipylon noir fleurit de -950 à -800, et se caractérise par l'usage d'un vernis noir pour créer des figures sur les vases. Puis, le géométrique moyen (-850->-770) fait apparaître la décoration figurative. On observe alors des frises d'animaux identiques alternées par des bandes de motifs géométriques. C'est enfin le style du géométrique récent qui s'impose, et où l'on voit apparaître des figures humaines. Ce style se caractérise également, sur toute la période, par ce que les anciens appelaient "l'horreur du vide", c'est-à-dire que les artistes remplissaient le moindre espace vide sur la céramique par des motifs divers.

Sur cette cruche datant d'approximativement -740 (géométrique récent) on remarque :
*Des bandes successives de motifs géométriques divers, horizontales ou verticales
*Un souci de finesse et de parallélisme s'en dégage
*Un svastika décoratif afin de remplir l'espace vide
*Même l'anse est décorée, ce qui représente bien cette "horreur du vide".

L'art bouddhique iconique : Représentation anthropomorphique de Bouddha, idéalisme réaliste et influence grecque

900 BC - 1000

Cet art naît dans le sous-continent indien. On distingue deux phases majeures dans l'art bouddhique : une première phrase aniconique durant laquelle Bouddha est évoqué par des symboles, et a phase iconique (à partir du premier siècle avant Jésus-Christ) où l'on trouve des représentations anthropomorphes de Bouddha. En Inde, l'art bouddhique connaît une grande expansion et influence l'art hindou jusqu'au Xe siècle. Dans cette seconde période, on peut voir l'influence de l'art grec, on parle alors de gréco-bouddhisme (syncrétisme). On retrouve en effet ce concept d' "homme-dieu", inspiré de la mythologie grecque, dans les œuvres bouddhiques iconiques. Le centre principal de création était Gandhara (Pakistan actuel).

Voici une sculpture de l'école de Gandhara, exposée au musée de Tokyo.

Cette sculpture est caractéristique de l'école de Gandhara, en effet on remarque:
*Les cheveux ondulés de Bouddha
*L'habit drapé couvrant les deux épaules (et non pas uniquement l'épaule gauche, caractéristique de l'école de Mathura)
*La posture debout (et non en lotus comme l'aurait représenté ladite école.)

L'art archaïque chinois, sous la dynastie des Zhou orientaux : Rituel, politique et ornemental

770 BC - 256 BC

Nous avons voulu nous intéresser à l'art chinois, non évoqué dans le cours et encore assez méconnu du grand public. Il est pourtant d'une grande richesse et diffère totalement des arts plus connus. Cette civilisation et par conséquent son art sont encore très mystérieux et pleins de symboles, et apportent beaucoup à l'histoire de l'art. L'art chinois est très ancien, il a donc fallu nous borner à une période. Nous avons choisi celle de la dynastie des Zhou orientaux, de -770 à -256.

La dynastie des Zhou s'étend de -1027 à -221. Elle se décline en plusieurs périodes distinctes, dont celle des Zhou orientaux qui nous intéresse. Un des objets d'art le plus caractéristique de cette période est le vase "Dou" (豆) . Il était utilisé pour présenter la nourriture dans les banquets rituels. Il fut très en vogue pendant cette période.

*Une coupe hémisphérique avec un haut pied évasé en sa base
*Elle est scindée en deux, le couvercle pouvant ainsi servir de présentoir une fois retourné.
*Plusieurs types de décors pouvaient y apparaître, assez sobre comme ici, ou plus complexe avec des formes arrondies entrelacées.
Il avait donc une fonction pratique (porter la nourriture), religieuse (utilisé pendant les rituels), ornementale (décorations sur le vase et mise en valeur de la richesse du banquet) et donc certainement politique (mettre en avant le prestige du roi).

L'art néo-babylonien : Porte d'Ishtar, héritage artistique et symbole

626 BC - 539 BC

L'empire néo-babylonien de Nabuchodonosor II s'étend de -626 à -539. Les artistes néo-babyloniens étaient très attachés à leur héritage culturel et artistique, ils ont donc fait perdurer certains traits de ces anciens arts. (visibles sur de nombreux sceaux finement taillés). Après la domination de l'Empire perse achéménide, l'art mésopotamien s'imposa comme l'influence principale du style achéménide cosmopolite émergeant et beaucoup d'éléments ont perduré jusqu'à l'art hellénistique, né de la conquête par Alexandre le Grand. Durant cette période, les portes en bois ont été renforcées par de larges bandes de métal, décorées en relief.

Le principal ouvrage de cette période est la porte d'Ishtar (-580), dont voici une photographie:

*On y voit plusieurs rangée d'animaux en bas relief, tels que des lions, dragons ou taureaux
*Le taureau symbolise le dieu Adad, dieu de l'orage
*Le dragon représente quant à lui le dieu Marduk, dieu de l'exorcisme
*Les matériaux sont des briques émaillés et colorées de bleu et d'or, couleurs que l'on retrouve souvent dans ces civilisations orientales
*La porte est l'aboutissement de la voie processionnelle au nord de Babylone, et le symbole même de cette ville.

L'art maya : Poterie, sophistication et complexité

200 - 900

L'art maya atteint son apogée lors de l'Epoque III, durant la civilisation classique (200-900). Les matériaux utilisés sont principalement la jade, l'obsidienne et le stuc. Les objets d'art mayas ont un propos principalement spirituel, rituel, funéraire ou religieux. Les sujets dépeints sont les divinités et héros légendaires, des scènes religieuses ou de la vie quotidienne. Les figures humaines, motifs stylisés ou animaux constituent les principales figures qui ornent leur poteries ou d'autres objets. Ceux-ci sont très souvent ornés de l'écriture maya également, qui peut être considérée comme un art à part entière.

En voici un exemple :

Ces glyphes maya en stuc sont exposés au musée de Palenque.
*Dans ce système d'écriture, chaque symbole correspond à une notion (style logographique) et au son d'une syllabe (syllabographique)
*Les scribes avaient donc une grande liberté de composition car chaque idée pouvait être représentée de multiples façons.
*Cette complexité fait de l'art maya un art extrêmement riche, considéré par beaucoup comme un des plus beaux et des plus sophistiqués de l'Amérique pré-colombienne
*Cette richesse a cependant un prix : elle a eu pour effet de ralentir le déchiffrage par les experts.

L'art chypriote, au carrefour des civilisations : art insulaire, hellénisme et originalité

333 - 965

Cette île, au carrefour du monde grec et méditerranéen, nous a particulièrement intéressée car son art témoigne de son histoire riche et complexe. En effet, Chypre a été sous de nombreuses influences grecques, perses, ou encore romaines. Les conflits successifs entre ces peuples et sa position insulaire ont contribué à l'émergence d'une style original et particulier à Chypre. L'hellénisme chypriote porte donc en lui une coloration originale et polymorphe.

Conquise en 333 par Alexandre le Grand, Chypre devient à la mort de celui-ci égyptienne, puis passe aux mains de Rome en 58. S'ensuit alors une domination romaine et la christianisation de l'île. Lors de la division de l'Empire romain, Chypre appartient à l'empire byzantin. A partir de 688, l'île est dirigée conjointement par les Arabes et les Byzantins. Cette co-domination durera jusqu'en 965, à la reconquête de l'île par l'empereur Nicéphore Phocas.

Nous avons volontairement choisi une période large pour évoquer Chypre, afin de mettre en lumière son histoire complexe bouleversée par les dominations successives, pour mieux comprendre son art.

Pour illustrer l'art chypriote, nous avons décidé de mettre en lumière une très récente découverte archéologique : Sur le site d'Akaki ont été découvertes, en juillet 2016, deux grandes mosaïques datant de l'époque romaine. Elles représentent des courses de chars et une partie des douze travaux d'Hercule.

*On distingue encore nettement les couleurs jaunes, orangées, brunes et ocres de la mosaïque, ce qui est très rare étant donné la forte activité sismique de l'île qui a malheureusement détruit beaucoup d’œuvres et d'édifices.
*Au dessus de chaque char on distingue encore nettement des lettrages noirs
*On note également une grande finesse dans la réalisation des motifs géométriques complexes et la disposition des carreaux
*Cette mosaïque de grande taille a selon les chercheurs une utilisation sociale et décorative.
Les chercheurs ont émit une hypothèse selon laquelle ces mosaïques décoraient le sol de la villa d'un riche citoyen, à savoir une personnalité politique ou un marchand influent.

L'art viking: ornemental, tradition scandinave, emprunts anglo-saxons et carolingiens

Approx. 750 - Approx. 1250

L'art viking se manifeste dans la décoration d'objets de la vie quotidienne. Selon les différents styles de cet art, il a une vocation soit religieuse, soit purement ornemental. Il combine différents thèmes comme la représentation des animaux, des végétaux ou de formes géométriques décoratives. Nous avons choisi le style de Jelling, que l'on date d'environ 900 à 975. Ce style tient son nom de la sépulture de Jelling, dans la province du Jutland au Danemark, où cette petite coupe en argent fut découverte.

Cette coupe présente une nouvelle variation du thème animalier, influencée par l'Angleterre où se sont établis un certain nombre de Scandinaves.
*La figure animale est représentée toujours de profil et est très stylisée en forme de S.
*Le corps est rubanné dans une symétrie diagonale
*Une houppe de poils orne la nuque
*Une spirale souligne l'articulation des hanches.

L'âge d'or des châteaux forts: consolidation, arrondissement des angles et réflexion architecturale et militaire

1100 - 1200

L'apogée des châteaux forts correspond au XIIe siècle. On note alors des progrès dans les techniques castrales, qui permettent de renforcer la construction des châteaux. Les murailles sont alors plus hautes et plus épaisses afin de résister aux tirs ennemis pendant les sièges. Les châteaux ont une apparence plus tassée afin de réduire la surface à défendre, et les fondations sont creusées plus en profondeur afin d'apporter plus de solidité à l'ensemble. On note également que les constructions carrées sont remplacées par des tours et donjons circulaires. Ils sont en effet plus faciles à construire et à défendre (pas d'angle mort, nécessite moins de pierres). Le donjon circulaire devient la règle générale après 1150. Les meurtrières naissent également à cette époque afin de faciliter le tir à l'arbalète.
C'est donc une grande période d'innovation pour l'architecture militaire, qui contribue ainsi à façonner un nouveau paysage et une nouvelle conception de la construction.

Prenons pour exemple le château de Laval en Mayenne (Pays de la Loire):

*On note un donjon circulaire à hourd, (=échafaudage solide au sommet d'une tour) qui remplace donc l'ancien donjon carré. (plus bas à droite)
*On remarque également l'aspect exclusivement minéral de ce type de château, car c'est durant cette période que la pierre s'impose de plus en plus par rapport au bois.

L'art de l'enluminure gothique en France : personnages dynamiques, art majeur et liturgie

1160 - 1450

La France est le point de départ de l'essor de l'enluminure, suivie par la suite de l'Angleterre ou encore de l'Allemagne. L'enluminure est considérée comme un art majeur, jusqu'à l'invention de l'imprimerie qui va peu à peu la faire disparaître. Les ouvrages de prédilection pour réaliser des enluminures sont la littérature mondaine, courtoise, la chanson de geste et le livre d'Heures (ouvrage liturgique destiné aux fidèles, regroupant les prières en fonction des heures de la journée).
Par rapport au style roman qui le précède, on note dans le style gothique un assouplissement des personnages et des tissus représentés. Il y a donc plus d'action, de mouvement dans les figures. L'utilisation du papier plutôt que du parchemin rend le livre plus bon marché et plus facile à fabriquer : la production de livres augmente considérablement. Le codex se voit également remplacé par les plus petits formats plus pratiques. A partir du XIIIe siècle, les livres illustrés sont donc de plus en plus réservés à un usage privé. La haute noblesse fait partie des grands commanditaires de livres enluminés, et participe donc fortement au développement de cet art.
Concernant les types de livres enluminés, ce sont principalement les ouvrages liturgiques (en latin notamment) ou les chansons de geste qui sont enluminés avec le plus grand soin. Certains ouvrages des plus luxueux sont ainsi décorés d'or.

Voici une miniature d'une livre d'Heures à l'usage de Paris.
*Elle représente la scène biblique de la Nativité
*On note un grand soin dans le tracé des lettres et des personnages
*Les couleurs choisies sont le doré, le rouge, le blanc et le bleu, des couleurs nobles qui sont restées très vives malgré le passage du temps.

Au cours du XVe siècle, le réalisme naturaliste introduit plus de perspective, de relief et de lumière dans les œuvres, annonçant la Renaissance.